La taxe foncière est une charge fréquente pour les entreprises propriétaires d’immeubles ou pour les sociétés civiles immobilières (SCI). Une bonne classification comptable et un enregistrement régulier évitent des écarts lors du contrôle fiscal et facilitent le rapprochement bancaire. Cet article précise les comptes habituellement utilisés (63512, 63511, 614, 447, 4486, 512), les règles de rattachement d’exercice et des écritures types applicables selon le cas.
Quel compte utiliser ?
Le Plan Comptable Général recommande d’enregistrer la taxe foncière en charge au compte 63512 « Taxes foncières ». Selon la nature de l’imposition ou la présentation de l’avis, certaines entreprises utilisent le compte 63511 « Autres impôts et taxes » pour des contributions locales proches. Pour les charges récupérables sur le locataire, la refacturation transite souvent par le compte 614 « Charges locatives et de copropriété ». Le compte 447 peut servir de compte intermédiaire au moment du paiement, tandis que le compte 4486 est utilisé pour les charges à payer lors du rattachement d’exercice.
Rattachement à l’exercice et provisions
La taxe foncière doit être rattachée à l’exercice auquel elle se rapporte, en fonction de la date d’exigibilité annoncée sur l’avis d’imposition. Si l’avis intervient après la clôture mais concerne l’exercice clos, une provision ou un charge à payer doit être enregistrée (débit 63512 / crédit 4486) pour respecter le principe de l’indépendance des exercices. Au paiement effectif, on dénoue la provision (débit 4486 / crédit 512 banque).
Cas de l’entreprise propriétaire
Pour une entreprise propriétaire, écriture type au moment de la réception de l’avis (ou au 31/12 si rattachement nécessaire) : débit 63512 « Taxes foncières » / crédit 4486 « Charges à payer ». Au règlement bancaire : débit 4486 / crédit 512 « Banque ». Si l’avis est reçu et payé dans le même exercice sans besoin de provision, on enregistre directement : débit 63512 / crédit 512.
Cas d’un locataire refacturé
Lorsque le bail prévoit que le locataire supporte la taxe foncière ou les charges locatives, la société propriétaire enregistre d’abord la charge, puis la refacturation. Exemple : réception de l’avis et enregistrement provisoire ou direct selon l’exigibilité, puis enregistrement de la créance envers le locataire : débit 614 « Charges locatives » / crédit 4457 ou 411 selon modalité de refacturation. Lors de l’encaissement : débit 512 / crédit 614 ou 411. Veiller à la preuve contractuelle (clause de bail) pour justifier la refacturation.
Vérifications et justificatifs
L’avis d’imposition doit être conservé comme pièce justificative et indiquer les éléments essentiels : référence d’avis, période concernée, montant, date d’exigibilité. Contrôlez que la nature de l’imposition figure clairement (taxe foncière, redevances, taxes locales). La TVA n’est en principe pas récupérable sur la taxe foncière, sauf cas très spécifiques ; vérifiez la qualification fiscale avant de tenter une récupération de TVA.
Exemples pratiques d’écritures
| Situation | Écriture au rattachement | Écriture au paiement |
|---|---|---|
| Entreprise propriétaire (rattachement) | Débit 63512 / Crédit 4486 | Débit 4486 / Crédit 512 |
| Paiement direct sans provision | Débit 63512 / Crédit 512 | — |
| Refacturation au locataire | Débit 614 / Crédit 411 (ou 4457 selon cas) | Débit 512 / Crédit 614 (ou 411) |
Conseils pratiques
- Conservez l’avis d’imposition scanné avec la référence et la date.
- Rattachez les charges à l’exercice selon la date d’exigibilité mentionnée sur l’avis.
- Vérifiez la possibilité de refacturation au locataire en vous référant au bail.
- Documentez toute provision par un calcul estimatif et ajustez au paiement réel.
- Assurez la cohérence entre la comptabilité et le rapprochement bancaire pour éviter des écritures de régularisation lourdes.
En respectant ces règles et en utilisant les comptes mentionnés, vous garantissez une traçabilité correcte et facilitez les opérations de clôture et de contrôle fiscal. Pour des cas spécifiques (SCI, indivision, impositions complexes), consultez votre expert-comptable afin d’adapter les écritures aux particularités juridiques et fiscales.









