jetons de presence

Jetons de présence : les règles de déductibilité fiscale pour votre société

Sommaire
Gérer la rémunération

  • La loi Pacte lie la rémunération à l’activité réelle : il faut justifier l’implication des mandataires pour valider chaque paiement.
  • La déductibilité fiscale respecte des plafonds stricts : l’administration exige des preuves d’un travail effectif pour autoriser ces charges.
  • Le régime social et la flat tax simplifient les gains : une documentation précise sécurise juridiquement la gouvernance de la société.

La Loi Pacte, promulguee en mai 2019, a profondement modifie le paysage juridique des societes commerciales en France. L’un des changements les plus significatifs, bien que parfois sous-estime, concerne la terminologie et le regime des sommes versees aux membres des conseils d’administration et de surveillance. Autrefois appelees jetons de presence, ces sommes sont desormais officiellement denommees remuneration de l’activite. Ce glissement semantique n’est pas qu’une simple coquetterie de langage. Il traduit une volonte du legislateur de professionnaliser la fonction d’administrateur et de lier plus etroitement la remuneration a l’implication effective des mandataires sociaux dans la gestion et la strategie de l’entreprise.

Un nouveau cadre juridique pour une gouvernance modernisee

Avant 2019, la notion de jetons de presence evoquait une forme de gratification liee a la simple existence du mandat. Aujourd’hui, la loi met l’accent sur l’activite. Cela signifie que l’administration fiscale et les juges sont de plus en plus attentifs a la realite du travail fourni par les administrateurs. Pour une societe anonyme (SA) ou une societe en commandite par actions (SCA), la procedure de fixation reste structuree : l’assemblee generale ordinaire (AGO) determine une enveloppe globale annuelle. Cette somme est ensuite repartie par le conseil d’administration ou le conseil de surveillance entre ses membres. La liberte de repartition est grande, mais elle doit idealement integrer des criteres de presence et de participation aux differents comites specialises (comite d’audit, comite des remunerations, etc.).

Le fait de ne plus parler de jetons mais de remuneration de l’activite oblige les entreprises a documenter precisement le role de chaque membre. En cas de controle fiscal ou social, la societe doit etre capable de demontrer que les montants alloues ne sont pas excessifs au regard du service rendu et de la taille de l’entreprise. Cette exigence de transparence renforce la protection des actionnaires minoritaires et assure une meilleure coherence avec les standards de gouvernance internationaux.

Les conditions de deductibilite fiscale a l’impot sur les societes

Pour qu’une charge soit deductible du resultat imposable a l’impot sur les societes (IS), elle doit repondre a des conditions strictes enoncees par le Code general des impots. La remuneration des administrateurs ne fait pas exception. Premierement, la charge doit etre exposee dans l’interet direct de l’exploitation. Deuxiemement, elle doit correspondre a un travail effectif. Enfin, son montant ne doit pas etre excessif. Si ces criteres ne sont pas remplis, l’administration peut qualifier le versement d’acte anormal de gestion, entrainant une reintegration fiscale et des penalites financieres lourdes.

La particularite fiscale de cette remuneration reside dans l’existence de plafonds specifiques de deductibilite. Ces plafonds visent a limiter l’erosion de la base imposable par le biais de remunerations disproportionnees versees aux administrateurs, qui sont souvent eux-memes des actionnaires importants. Le calcul de ces plafonds repose sur une mecanique arithmetique basee sur les salaires les plus eleves au sein de la societe, ce qui cree un lien direct entre la politique salariale globale et la remuneration des dirigeants.

Effectif de la societe Base de calcul du plafond de deductibilite Taux de deductibilite applicable
Moins de 5 salaries Moyenne des 5 remunerations les plus hautes 10 % de cette moyenne par administrateur
Entre 5 et 200 salaries Moyenne des 5 remunerations les plus hautes 5 % de cette moyenne par administrateur
Plus de 200 salaries Moyenne des 10 remunerations les plus hautes 5 % de cette moyenne par administrateur

Analyse detaillee des mecanismes de calcul des plafonds

Le calcul du plafond de deductibilite est une etape cruciale lors de la cloture de l’exercice comptable. Prenons l’exemple d’une entreprise de taille intermediaire comptant 150 salaries. Pour determiner la part deductible des remunerations versées a ses administrateurs, elle doit d’abord identifier les cinq salaries les mieux payes au cours de l’annee. On additionne leurs remunerations brutes (salaires, primes, avantages en nature) et on divise par cinq pour obtenir la moyenne. Le plafond de deductibilite pour l’ensemble du conseil sera alors egal a 5 % de cette moyenne, multiplie par le nombre de membres du conseil d’administration.

Si la societe decide de verser une enveloppe superieure a ce plafond, la difference n’est pas perdue pour les administrateurs (ils reçoivent bien l’argent), mais elle n’est pas deductible pour la societe. Cette fraction excedentaire doit etre reintegrée extra-comptablement dans le tableau 2058-A de la liasse fiscale. Pour les petites structures n’employant aucun salarie, la jurisprudence et la doctrine administrative apportent parfois des nuances, mais la prudence dicte de limiter les versements a des montants symboliques ou tres moderes pour eviter toute requalification en dividende deguise, ce qui modifierait le regime social et fiscal applicable.

Le regime social : Forfait social et contributions

Sur le plan social, le traitement des remunerations de l’activite depend de l’effectif de l’entreprise et du statut de l’administrateur. Pour l’entreprise, le versement de ces sommes peut declencher l’exigibilite du forfait social. Depuis le 1er janvier 2019, les regles ont ete simplifiees pour favoriser les petites et moyennes entreprises. Les societes de moins de 250 salaries sont desormais exonerees du forfait social sur ces remunerations. Pour les entreprises de 250 salaries et plus, le taux du forfait social est fixe a 20 %.

Pour le beneficiaire, qu’il soit salarie ou non par ailleurs, ces sommes ne sont pas considerees comme un salaire au sens strict du droit du travail. Elles ne generent donc pas de droits au chômage ou a la retraite de base supplementaire via les cotisations de securite sociale classiques. En revanche, elles subissent la CSG et la CRDS au taux global de 9,7 %, generalement prelevees a la source par la societe lors du versement. Il est indispensable pour le service de la paie ou la comptabilite de declarer ces sommes via la Declaration Sociale Nominative (DSN) afin d’assurer la conformite avec les organismes de recouvrement (URSSAF).

Fiscalite personnelle de l’administrateur : Le prelevement forfaitaire unique

Pour l’administrateur personne physique residant fiscalement en France, la remuneration de l’activite est consideree comme un revenu de capitaux mobiliers. A ce titre, elle entre dans le champ d’application du prelevement forfaitaire unique (PFU), egalement appele Flat Tax, mis en place en 2018. Le taux global est de 30 %, se decomposant en 12,8 % au titre de l’impot sur le revenu et 17,2 % au titre des prelevements sociaux.

Toutefois, le contribuable conserve la possibilite d’opter pour l’imposition au bareme progressif de l’impot sur le revenu si cela est plus avantageux pour sa situation globale. Dans ce cas, l’option est globale pour l’ensemble des revenus du capital de l’annee. Il est a noter que contrairement aux dividendes, la remuneration de l’activite ne beneficie pas de l’abattement de 40 %. Cette distinction est capitale lors de l’arbitrage entre le versement de dividendes et l’octroi d’une remuneration pour les fonctions d’administrateur.

Les risques de redressement et les bonnes pratiques de gestion

L’administration fiscale est particulierement attentive aux societes qui affichent des resultats deficitaires tout en versant des remunerations genereuses a leurs administrateurs. Dans une telle situation, la justification de l’interet social devient tres complexe. Un autre point de vigilance concerne les administrateurs non-residents. Pour ces derniers, une retenue a la source doit souvent etre appliquee, dont le taux varie selon les conventions fiscales internationales signees entre la France et le pays de residence du mandataire.

Pour securiser juridiquement et fiscalement ces versements, il est recommande de suivre un protocole strict :D’abord, s’assurer que les statuts de la societe autorisent explicitement le versement de remunerations aux administrateurs.Ensuite, veiller a ce que l’AGO vote chaque annee le montant de l’enveloppe et que le proces-verbal soit redige sans ambiguite.Puis, mettre en place un reglement interieur au sein du conseil d’administration definissant les regles de repartition basees sur des criteres objectifs de presence et de contribution.Enfin, conserver toutes les preuves de l’activite du conseil (convocations, rapports, proces-verbaux de seances) pour attester de la realite du travail fourni.

En conclusion, si la Loi Pacte a modernise le vocabulaire, elle a surtout renforce la necessite d’une gestion rigoureuse de la gouvernance. La transformation des jetons de presence en remuneration de l’activite marque la fin d’une ere de versements automatiques et opaques. Aujourd’hui, chaque euro verse a un administrateur doit pouvoir etre justifie par une contribution concrete a la vie de l’entreprise, sous peine de voir la deductibilite fiscale remise en cause et la responsabilite des dirigeants engagee.

Questions et réponses

Comment calculer le jeton de présence ?

On commence par identifier les champions du bulletin de paie, les cinq salariés les mieux payés, ou dix si la boîte dépasse les deux cents collaborateurs. On calcule leur moyenne annuelle, puis on multiplie ce chiffre par le nombre de membres du conseil. C’est un peu comme préparer une recette précise pour éviter les erreurs de gestion. Enfin, on retient 5 % de ce résultat global. Voilà le plafond autorisé ! C’est technique, certes, mais essentiel pour rester dans les clous sans transformer le quotidien en casse-tête. On avance ensemble vers une clarté totale, loin du jargon pesant habituel !

Quel est le nouveau nom des jetons de présence ?

Adieu les vieux termes poussiéreux ! Depuis la fameuse loi Pacte de 2019, on ne parle plus vraiment de jetons de présence dans les couloirs des SA ou des SAS. On utilise désormais l’expression, un peu plus longue mais plus explicite, de rémunération de l’activité des administrateurs. C’est un changement de décor sémantique qui vise à moderniser l’image des instances dirigeantes. Avouons que cela sonne tout de même plus professionnel lors d’une réunion d’équipe, non ? On dépoussière les habitudes pour coller à la réalité du terrain et valoriser l’implication de chacun dans les projets collectifs !

Quelle est la rémunération des jetons de présence ?

Imaginons une équipe où les dix collaborateurs les mieux payés touchent en moyenne 85000 euros par an. Pour fixer la règle du jeu, on calcule 5 % de cette somme, ce qui nous donne 4250 euros. Si le conseil regroupe cinq membres motivés, le montant total à partager sera de 21250 euros. C’est un calcul pragmatique qui permet de valoriser le temps passé à piloter le navire. Pas besoin de sortir la calculatrice quantique, juste de garder cet esprit d’équité qui fait la force d’un projet collectif réussi. On monte en compétences sur ces chiffres sans aucun stress !

Comment comptabiliser les jetons de présence ?

Quand arrive le moment de passer aux écritures, on ne panique pas devant le logiciel comptable. Les sommes versées aux administrateurs trouvent leur place tout naturellement comme une charge d’exploitation. On utilise spécifiquement le compte 653, intitulé jetons de présence. C’est un peu la boîte à outils indispensable pour garder une trace propre et transparente de ces flux financiers. On évite ainsi les nœuds au cerveau lors du bilan annuel. C’est carré, c’est net, et cela permet de se concentrer sur l’essentiel, faire grandir l’entreprise main dans la main avec des décideurs vraiment investis dans la mission !

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